Jean Giono – « Fragments d’un paradis »

Même quand le ciel est vide et que la mer est vide. Quand on se déplace dans un creux de ciel, si vaste qu’il n’y a plus qu’un seul mouvement sensible, celui du soleil qui va de l’Ouest à l’Est, et que malgré la roue vive, et la vue qui peut toucher tout ensemble, à chaque instant, tous les points du cercle de l’horizon, on est toujours planté au même endroit dans un sillage qui commence et jamais ne finit, on a tout au moins la sensation d’aller vers quelque chose. La nudité de la mer peut succéder pendant des jours à la nudité de la mer, on va vers quelque chose, et on fait l’action la plus importante de l’homme, même sans but ni raison on fait de la route.

Jean Giono, Fragments d’un paradis, Collection L’Imaginaire, Gallimard, 1974

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